Le bateau vidé jadis

Par une horde de capitaines

N’a plus le vent en poupe

Et retourne vers le port

 

Le navire rejoint l’histoire

Une fois de plus la mer se referme

Le grondement des vagues

Sonne arrière toute et la brume saigne

 

 

Entre les dents

La lame

Aiguise la langue

A terre

Le palais se réjouit

Du goût de sang

Que la haine salive

 

 

On entend des yeux pâles

On sent s’ouvrir des visages

Laissés-las de la dernière escale

Fermés autour des malles

 

Le paquebot reparaît

Sur l’horizon écarquillé

A l’unisson les ombres des corps

Se redressent en hurlant

 

 

Entre les dents

La lame

Aiguise la langue

A terre

On  se réjouit déjà

Dans l’arrière-cour des miracles

Du sang qu’on changera en vin

 

 

Le vent porte le chant pyramidal des obscurs

De la terre vers la mer de bas en haut

De la mer vers la terre de haut en bas

La haine de l’Homme est un souffle qui rassure

 

Des milliers d’années de larmes

Ne lavant rien de plus que la mémoire

Pour des cycles des cycles

L’Homme n’existe que poussières

 

 

Un jour tu comprendras, souffle l’éternel messager, à chaque vie qu’il emporte…


 

Cribas 20.03.2012